Maison indépendante

LA VALISE.

 
 

 | Denis Montano-Avila  |

 

J’ai toujours cru que ma mère avait du cran, une personnalité bien affirmée, un caractère pas toujours facile à gérer. Un jour j’ai eu la confirmation qu’effectivement elle était comme je l’avais imaginée. Après le départ de ma sœur et mon frère par suite de leurs mariages successifs, j’étais resté seul avec mes parents dans la grande maison qui était la nôtre. Mes rapports avec ma mère étaient assez diplomatiques. Nous étions pratiquement seuls la plupart du temps, mon père souvent absent, se déplaçant constamment pour gérer ses affaires. Alors nous vivions dans le calme et le silence. Malgré tout, avec l’emploi de mon temps d’étudiant, nous nous rencontrions que le soir aux heures des repas. Après, elle passait son temps à rédiger les cours de sa passion, les mathématiques, préparant les textes, dont certains d’entre eux, étaient agrées par le Ministère de l’Education, de nombreux étudiants travaillaient avec ses livres. Elle avait trouvé après de longues nuits de recherche, une méthode astucieuse pour réduire l’étendu des théorèmes, après la thèse et l’hypothèse, la démonstration qui dans beaucoup de cas, s’étendait dans les deux pages, elle les avait réduites à une demi page mais, il ne fallait rien omettre, même pas une virgule. Elle était l’objet de critiques et d’admiration de la part de ses collègues dont certains, venaient en secret se former et s’informer à la maison, jusqu’à de heures bien avancées de la nuit. En général un théorème est une assertion mathématique qui doit être démontrée par une affirmation établie comme vraie, quel que soit l’hypothèse de base !

Elle détenait une chaire de mathématiques dans divers lycées de Buenos Aires et souvent arrêtait vers seize-heures, prenait sa voiture rentrait à la maison en traversant le Centre-Ville. Se déplaçant constamment pour assurer trente heures de cours par semaine dont sa préparation lui prenait autant de temps. Sa profession n’était vraiment pas une sinécure.

Elle avait un contact de haute qualité avec ses élèves, aimant transmette ses connaissances savait les fédérer, aidée par une grande capacité d’adaptation, une bonne résistance psychologique, Elle ne connaissait jamais la spirale de l’épuisement et faisait aimer sa matière. Cependant, avec ses élèves jeunes filles de quinze ans, qui étaient déjà des vraies femmes physiquement et mentalement, insolentes, effrontées, le courant passait moins bien qu’avec les gamins du même âge et les résultats étaient bien éloquents.

Un vendredi après-midi en sortant de sa dernière classe avec une pile de livres, et de cahiers à corriger qu’elle plaça dans le coffre de sa voiture, bien aménagée pour les ranger soigneusement. Epuisée par une semaine éprouvante, elle s’apprêtait à monter dans son véhicule et prendre en direction de la maison, en pensant aux moments de détente que la coupure de la fin de la semaine allait lui procurer. Comme d’habitude, en arrivant à un carrefour elle tourna pour changer de direction et se trouva soudainement au milieu d’un attroupement de gens qui l’empêchaient de continuer. Il s’agissait d’un accident, une voiture avait renversé un piéton qui traversait la chaussée et avait pris la fuite. La police était arrivée et s’occupait du blessé, il perdait du sang et l’ambulance avait du retard. Un policier s’approcha et demanda à ma mère de conduire le blessé à l’hôpital le plus proche, elle ne pût refuser et le blessé fut installé sur le siège arrière. Le policier accompagnateur pris place à l’avant et ils partirent vers l’hôpital. La Police est une entité utile dont les rouages sont bien indispensables à l’ordre public. En cas d’accident, elle est tenue d’assurer la conduite des blessés aux établissements hospitaliers, en exigeant d’obtempérer si besoin est, aux personnes disposant de moyen de transport. Le rôle et l’efficacité de la Police, devraient être analysés avec une réflexion approfondie sur la dimension de son action, ce qui n’est pas toujours le cas.

Lorsqu’ils arrivèrent aux urgences de l’Hôpital, elle avait eu le temps de garer sa voiture, avant qu’un brancard avec deux infirmiers apparaissent pour les conduire à l’accueil, où l’attente fut très longue. L’accidenté était toujours vivant, on l’entendait encore respirer. Entretemps, le Policier qui les avait accompagnés avait disparu et ma mère dut faire face à l’interrogatoire de l’infirmier de garde, pour remplir les formulaires d’entrée . Les formalités d’admission hospitalières n’étaient pas réduites au minimum ; alors aux urgences, dans le cas d’un blessé inconnu, par le seul fait de l’avoir assisté même sous la contrainte, vous mettait dans une situation de responsabilité, de vérification d’identité, en dépensant son temps sans compter.

Il s’agissait d’un homme d’environ une quarante d’ans, brun, cheveux courts et légèrement frisés, vêtu d’un costume gris foncé il avait l’aspect d’un étranger. Pendant ce court trajet il était encore vivant avec un regard très inquiet sur le siège arrière de la voiture, lorsque ses yeux s’ouvraient de temps en temps. Ses lèvres entrouvertes voulaient dire quelque chose sans y parvenir. La souffrance était dessinée sur son visage mais aucun gémissement ne se faisait entendre.

Finalement, deux infirmiers arrivèrent, prirent en charge le blessé et disparurent à l’intérieur des urgences. Le réceptionniste demanda à ma mère de rester pour d’autres formalités destinées à la Police. Une demi-heure plus tard, arriva un médecin urgentiste qui informa ma mère que le blessé venait de succomber. Il fallait donc rester à la disposition de l’hôpital et de la Police, pour fournir tous les renseignements nécessaires à l’enquête et inhérents à l’identification du défunt. La certitude était qu’il ne possédait aucun document sur lui hormis une bonne liasse de dollars et quelques pesos. Il était environ dix-neuf heures lorsque ma mère rentra à la maison, dans un terrible état de nerfs.

A cette époque elle était seule à la maison, mon père et moi étions en voyage d’affaires à Misiones où nous possédions une plantation de tabac. Notre périple avait pour but d’observer les nouveaux plants de tabac Virginia que nous avions reçus des USA et de vérifier que les terres rouges de cette Province était bénéfiques pour la bonne reproduction de cette espèce, il était donc impossible de nous joindre comme elle l’aurait souhaité.

Après un diner léger, ma mère regagna sa chambre en pensant à cet étranger bizarre qu’elle avait transporté dans sa voiture. Elle imaginait qu’il devait être turc ou arabe ou quelque-chose dans ce genre. Ses nerfs étaient restés altérés , le sommeil ne venant pas, elle essaya de lire un livre qui se trouvait sur sa table de nuit, mais sa concentration était absente. Elle éteignit la lumière, au bout d’un moment, la fatigue nerveuse lui prodigua le sommeil. Alors qu’elle dormait profondément, vers deux-heures du matin, le téléphone la réveilla. Elle prit le combiné en pensant entendre la voix de mon père, mais à l’autre bout du fil, une voix d’homme avec un accent étranger lui demanda si elle était madame XXXXX qui avait transporté un blessé à l’hôpital. Elle comprit qu’il existait des mondes opposés, des gens qui vivent dans une autre dimension, avec d’autres valeurs, loin de nous. Elle se sentait poursuivie par des inconnus comme dans certains polars hitchcoquiens mais, l’intrigue était déjà dans la maison, entrée par l’intermédiaire du téléphone, fallait-t-il avoir peur ? Tout avait commençait lorsqu’elle fut contrainte de rendre service à la Police et à cet inconnu qu’entretemps avait trépassé. Que fallait-t-il encore faire pour en finir une fois pour toutes avec ce cauchemar ? L’affaire prenait une tournure inattendue dont la solution ne semblait pas apparente. A la fin de l’entretien il lui informa qu’il voulait récupérer la valise du défunt et ma mère remarqua que cet homme, était déjà au courant de la mort du blessé. Bien entendu elle nia être en possession de cette valise, mais son interlocuteur ne la croyant pas insista lourdement et ma mère dut raccrocher, sentant qu’elle était tombée dans un piège tendu, victime d’un véritable traquenard qui se présentait comme un duel, une machination perfide. Etait-ce de malfaiteurs qui cherchaient tirer profit d’une situation très ambigüe de laquelle elle se croyait sortie ? Cette affaire prenait la forme d’un mauvais romain policier, joué par des individus sans scrupules, prêts à tout.

Ce samedi, à deux heures du matin, elle reçut encore plusieurs appels demandant toujours cette valise, elle décida de débrancher l’appareil. La répétition des appels à une cadence infernale, avec l’accent obstiné sur un objet dont elle ne connaissait pas l’existence, la mettait dans un état d’agitation aigüe, et une détresse psychologique se manifesta brusquement.

Le lendemain matin vers midi elle rebrancha le téléphone et quelques minutes après, reçut un nouvel appel. C’était un autre homme mais toujours avec un accent. Il voulait récupérer la valise, il disait qu’il savait tout de ma mère et qu’il n’avait guère de temps à perdre. Ma mère nia de nouveau et raccrocha encore une fois le combiné. Ils savaient tout de nous, ils avaient dû lancer une enquête approfondie en engageant de gros moyens, c’est à croire que l’objet qu’ils cherchaient en valait la peine. Pour trouver la trace de ma mère, ils s’était surement informés à l’Hôpital qui avait fourni son identité, le reste devenait facile à pister.

Les appels se sont succédés tout l’après-midi et ma mère se sentant menacée prit peur et ferma toutes les portes à clef. Vainement elle essaya de contacter mon père. Elle n’avait personne à qui se confier et avait peur des représailles si elle appelait la Police.

Vers vingt heures, prise d’inquiétude, l’insistance des inconnus étant tourné à la catastrophe, elle se décida à descendre au garage, la recherche ne dura pas longtemps, avant de constater que la banquette arrière était maculée d’une importante quantité de sang et à sa grande surprise, sur le plancher arrière, il y avait effectivement une valise de cuir noir, d’environ cinquante centimètres par trente. Elle la souleva et constata qu’elle était très lourde, dans les huit kilos. En tremblant comme si elle portait une charge explosive, à pas lents elle retourna dans la maison et s’installa dans la cuisine. Cet objet tant réclamé en apparence ne possédait pas d’attributs magiques, peut-être que son contenu pourrait justifier la puissance de sa valeur. Alors, elle essaya de l’ouvrir et constata rapidement qu’elle était bien fermée à clef avec une solide serrure qui rendait impossible son ouverture.

Lorsqu’ elle reçut un nouvel appel, elle reconnut avoir trouvé la valise et se disposait à l’ouvrir pour en connaitre le contenu, ensuite elle la porterait à la Police qui se chargerait de la rendre à son véritable propriétaire après vérification de ses documents. La voix à l’autre bout du fil réagit en hurlant que la Police ne devrait en aucun cas prendre connaissance de cette affaire. Elle fut menacée de mort, et ils lui conseillèrent fermement de ne pas parler à personne de cet objet. Cette auto-accusation d’avoir fait un aveu majeur, la mettait dans une situation comme si depuis le début elle avait voulu cacher cet objet, dans le but de se l’approprier, ils étaient convaincus de cela. Après cette confession, désormais plus rien entre eux ne devrait rester ni obscur ni caché, il fallait donc parler franchement. Cependant, l’intervention de la Police aurait pu éviter le pire, bien que les menaces avaient cessé, pour laisser la place à la phase de négociations persuasives, dans le calme et la diplomatie déployés par les inconnus qui ne souhaitaient surtout pas être identifiés.

Après avoir raccroché brusquement une nouvelle fois, elle retourna dans la cuisine, la valise toujours sur la table demeurait solidement fermée, prit un grand couteau et un tournevis mais la serrure très solide ne cédait pas. L’idée de faire venir un serrurier n’était pas envisageable, ignorant le contenu de la valise il serait inévitablement au courant ! Elle essaya encore de faire sauter les rivets de la serrure pour la désolidariser de sa goupille, ou peut-être à l’aide d’une perceuse qu’elle ne saurait pas utiliser. Elle pensa encore trouver un morceau de ferraille avant de se rendre à l’évidence qu’il était impossible de l’ouvrir. Alors, un nouvel appel la remit en garde contre la tentation d’essayer de l’ouvrir, à ce moment-là, elle abandonna définitivement cette idée.

Les appels se succédaient sans cesse et la voix lui demanda finalement si c’était de l’argent qu’elle cherchait et combien ? Ses propos étaient persuasifs d’une extrême politesse par moments, après le ton changeait devenant agressif et menaçant ! Ces communications durèrent longtemps, chaque fois ma mère était contrainte de raccrocher brusquement, souvent de débrancher l’appareil. Sentant la menace se profiler, elle ferma à clef toutes les portes, la seule possibilité de pénétrer dans la maison, serait par effraction et dans ce cas, elle aurait le temps d’appeler la Police. Lorsqu’un nouvel appel se fit entendre, il régnait une énorme confusion dans la tête de ma mère. Elle reçut la proposition désordonnée d’une rançon en échange de la valise. Cela n’était pas du tout acceptable sans compromission, malgré l’insistance des inconnus qui demandaient qu’un montant soit fixé sans tarder, lequel serait pratiquement accepté d’avance !  

Le lundi suivant,  avant de se rendre comme d’habitude au Lycée, elle prit soin de descendre la valise au garage, de la cacher soigneusement dans un coin pratiquement introuvable. Sur la route de retour à la maison, fort malencontreusement, à l’endroit même où l’accident avait eu lieu, une voiture noire s’interposa l’empêchant de continuer. De ce véhicule sortit de nulle part encombrant son chemin, la fenêtre du conducteur s’ouvrit et celui-ci la fixa longuement sans dire un mot avant de repartir, libérant ainsi le passage. A ce moment-là, elle comprit qu’elle était tombée dans un guet-apens, elle avait été obligée de freiner brusquement pour ne pas percuter le véhicule. Ma mère commençait à s’inquiéter sérieusement, dès son arrivée à la maison, vérifia sans tarder si la valise était bien à sa place, en effet, elle l’était ! La sonnerie du téléphone retentit et la voix lui signifia que la voiture noire interposée sur sa route était un premier avertissement ! Le lendemain vers minuit, quelqu’un sonna trois fois à la porte, ma mère dans son lit n’arrivant pas à concilier le sommeil ne bougea pas. En refermant à clef toutes les portes de la maison, elle se confina dans sa chambre, les autres pièces restaient solidement fermées.

Elle prit peur, les jours suivants la situation était inchangée, elle était lucide sentant comme si un délire paranoïaque s’installait progressivement dans sa tête. Elle se mit à observer avec suspicion son entourage en pensant qu’un complot était dirigé contre elle. Cependant elle ne se sentait pas malade, l’affaiblissement de ses capacités intellectuelles n’était pas intervenu nonobstant ce lourd secret à porter qu’elle était contrainte de garder pour elle-même sans oser crier au-secours. Malgré sa peur, elle essayait de tenir bon, en attendant de trouver une solution avec l’inévitable intervention de la Police. Par la crainte que quelque chose de dangereux se produise, elle voulut canaliser sa peur avec un semblant d’héroïsme, mais la frayeur revenait toujours dans son for intérieur.

Par le refus de rendre cette valise, elle s’était précipitée dans un tourbillon introspectif de manipulation duquel après avoir identifié les acteurs, il fallait s’échapper très vite avant que le cauchemar dans lequel elle se trouvait plongée l’emporte ! Ayant tenu tête pendant presque une semaine avec de longues nuits d’insomnie et de panique totale, elle décida de mettre fin à cette angoisse. Lorsqu’un nouvel appel advint, cette fois-ci ma mère répondit qu’elle était d’accord pour rendre la valise sans aucune contrepartie. La voix lui signala qu’elle était devenue raisonnable et que c’était mieux ainsi, en espérant que la valise n’avait pas été ouverte ! Néanmoins, personne ne viendrait la chercher, le risque de se faire alpaguer par la police supposée avertie par ma mère, incitait à la prudence. Les instructions seraient communiquées ultérieurement. Il fallait porter la valise à minuit et la déposer sur le trottoir d’un carrefour assez éloigné du centre et l’affaire prendrait fin à ce moment- là. Etait-ce nécessaire pour en finir de devenir sage et sérieuse dans un tel tissu d’intrigues, laisser user de sa volonté, contre ses désirs. La raison d’abandonner ce qui est en sa possession ?

A onze-heures trente, tout en tremblant ma mère descendit au garage, prit sa voiture avec la valise posée sur le siège passager et se dirigea vers le lieu indiqué. C’était une nuit très noire, calme, sans tracas. Personne ne trainait dans les rues ce samedi soir, il y avait peu de voitures dans ce quartier mortellement vide. Elle arriva à l’adresse indiquée, comme convenu déposa la valise sur le trottoir et repartit. Cependant la curiosité la rongeait et prenant une rue parallèle, elle revint du côté opposé près de l’endroit où se trouvait la valise et gara son véhicule à une distance qui lui permettait de voir clairement. La valise était toujours là où elle l’avait déposée, lorsque survient une voiture noire qui s’immobilisa dans un brusque crissement de freins, un homme en descendit, prit rapidement la valise et repartit à toute allure. La faible lumière des lampadaires permettait difficilement de distinguer les objets mais ma mère avait bien vu l’homme qui ressemblait à s’y méprendre au blessé qu’elle avait transporté à l’hôpital !

Le lendemain elle s’était réveillée à midi passée, tout était calme dans la maison, elle pensait qu’elle aurait voulu connaître le contenu de la valise et savoir à qui elle appartenait. Vers quatorze heures, elle reçut un appel de mon père, qui lui demandait de venir nous chercher à l’aéroport dans la soirée. Elle était arrivée à l’heure indiquée, rayonnante, gaie, et n’avait rien de particulier à nous apprendre. Installé sur le siège arrière, je sentais l’odeur tenace d’un désinfectant. Je demandais des explications à ma mère qui semblait troublée par ma question. Les jours suivants, elle refusait toujours de répondre, j’insistais car je pressentais qu’elle cachait quelque chose. Au bout de quelques jours, elle finit par me raconter l’histoire de la valise en me priant de ne pas en parler à mon père.

Sur cet incident qui la tracassait quelquefois, dont elle ne parlait jamais, elle se demandait néanmoins à quoi elle avait pu servir dans cette histoire. Intriguée par le contenu de cette valise, elle avait acheté les principaux journaux de la Capitale mais, n’avait rien trouvé.

Elle avait été vraiment très forte d’avoir pu gérer seule cette situation insolite et dangereuse, qui aurait pu avoir vraisemblablement une issue fatale. Elle disait toujours que dans un cas de crise morale la solution se trouvait au fond de soi-même, quelques semaines plus tard, la thérapie se manifesta d’elle-même et elle put connaître la progressive libération de son esprit profondément troublé.