Maison indépendante

11 JANVIER.

 

 

            | Marion Maudet |

 

 

 

Des papiers qui s’envolent, des morceaux, des bricoles,

Des avalanches d’images qui déboulent, qui s’étiolent,

Bouillie de sentiments, écrasés au pilon,

Jus de larmes et de sang, nouvelle chair à canon.

 

De mes paroles aphones,

De mon lit, immobile,

J’écoute le soliloque de mon ventre.

 

Le vide a rempli, de son rire, les rues vides,

Qui sont pleines aujourd’hui –

De murs.

 

Ma tête s’étouffe à croire que le vide est instant,

Instant déjà parti, que les rires et les gens,

Marchent à nouveau ensemble, en anarchie joyeuse ;

Quittent les faux semblants –

Vaines unions orageuses.

 

Mais déjà mes yeux brillent de larmes. Un torrent qui brûle et n’apaise pas ta colère. Un torrent qui brûle et noie mes illusions. Un torrent qui brûle, brûle pour brûler, brûler mes joues en feu, brûler mon corps de paille.

Et ta colère me brûle –

j’ai peur de la haine, j’ai peur des mots violents, de la nocivité des mots, de la nocivité des gestes, de la colère froide, de la rancœur.

J’ai peur d’avoir peur, d’avoir peur des gens, d’avoir peur des mots, d’avoir peur de rire.

 

J’ai peur de perdre espoir,

Et de vivre dans un monde de murs.