Maison indépendante

« NAME DROPPING ». DOM GARCIA, PAPARAZZI DE LA MORT.

 

 

 | Thierry Théolier |

 

 

 

 

« Name-dropping : allusion fréquente à des personnes connues dans le but d’impressionner ». Source : Larousse (french bible).

 

 

 

Underground is living-dead. Qui est vraiment connu et en bonne santé dans ce recueil tiré à 100 exemplaires ? Les hipsters en « 2000 What The Fuck » (comprendre les années à partir de 2010) connaissent-ils Alan Vespa ? Et Lydia Flunch, ils y bouffent en écoutant Daft Punk ? Qui dans ma cage d’ascenseur reconnaitra la mine défaite du poète-toxico Daniel Rozoum ? Va-t-elle encore impressionner une pisseuse dans la cour du College dans vingt ans ? Who cares ? Nobody mec.

« PUTAIN MERDE TH ! Un peu de respect ! » PUNK ? Va te faire foutre sucker, on ne joue pas dans la même Cour, d’ailleurs, je ne joue plus et je ne suck pas, j’écris une vérité dans l’antre et il n’y a pas de pouce pour « liker » ou pour faire « pause », on arrête de « jouer ». Une plume, un flingue ou un appareil photo sont parfois utilisés pour cette pratique dangereuse, révéler une vérité.  On va crever. Connu ou inconnu et on veut laisser des traces. Name Dropping mais WTF ? De qui se moque l’artiste Garcia ? De Zorro ? Des artistes ? Ou de la mort en marche ? Inexorable mode on de la faucheuse. Play/Shoot. Amen, même dilemme. L’autodérision cache toujours une vérité cruelle pour celui qui la pratique ainsi que pour les autres, pris en otage dans l’autophage-dispositif, pris en flagrant de délices SM. Sado/Maso, on est beau. Pourtant, malgré la cruauté, cette vérité peut faire du bien si nous aimons souffrir ou grandir. Les deux vont de paire en pères. Nous, les frères de la Nuit, nous, l’armée des Nuisances, la recevons de plein fouet, en « flash », en réseau amoureux/haineux ou en couleurs parfois. Avec Dom, cette vérité est en noir et blanc. Cette vérité-flash révèle tout en contrastes plus ou moins « durs », ce qui il y a de mort ou de vivant en nous, à travers nous. Le visage, les yeux, les rides, le buste, les lèvres, les bras, le dos sont autant de réceptacles à remplir, à vider, à creuser que des indices sur le meurtre, le combat contre la mort ou l’oubli en cours.

Nous sommes de la chair plus ou moins fraiche mais nous sommes tous chair à canon, subjectifs. Et l’objectif est de nous shooter. Nos fameux looks sont les linceuls de nos personnalités expertes en pure perte. L’assassin vient de l’intérieur. Le criminel est en nous, il suffit d’un associé, ce photographe avec qui on prend des caisses, fera l’affaire. On a du bol ce mec est bon. C’est un Dude. Clic-clac/L’affaire est dans le sac. Certains se ratent, d’autres excellent dans la mise à mort et la Sur-Vie devient un art sauvage sans œuvres. Alors non Dom Garcia n’a rien d’un paparazzi qui essaie d’impressionner la galerie pour se faire de la thune car sa collection de portraits que vous avez entre les mains, ne concerne pas le reflet argentique ou numérique de « people » au sens strict du terme et ces « sujets » ne sont pas pris à leur insu dans le cadre de leur fausse vie privée2merde mais pourtant, j’ose dire au grand dam des hypocrites  que Dom Garcia est ce dernier putain de paparazzi de la mort à « P.A.R.I.S » et même si c’est hardcore de nous voir parfois mort-vivant, c’est classe, deep, profond, en noir et blanc. Fait chier la couleur Instagram piques et colère 2 grammes. Le petit homme en noir comme son logo aime à nous le rappeler photographie des « Nobody » et parfois des artistes plus connus parce que simplement, humainement, il les kiffe in situ ces gens de l’ombre, de la lumière et avec de la picole ou de la dope. La  plus forte restera toujours l’amour (de soi pour certains). Voilà, si ce photographe a choisi comme titre à ce recueil « Name Dropping » et que c’est en noir et blanc et bien, cela n’est pas fortuit, au contraire. Lui qui « shoote » – qui « tue » littéralement – à laisser derrière lui, des cadavres comme des bouteilles de S.O.S à mère mainstream. Dans le flux du regard qui tue, ils sont là, bien vivants et morts en même temps. Devant vous. Maintenant. Attention ils peuvent vous tomber des mains car le choix de ne pas relier les corps sur les feuilles mortes n’est pas innocent non plus. Les artistes sont des pervers polymorphes narcissiques. Les photographes… c’est plus compliqué.

 

 

(Le jeudi 18 septembre aux Balades sonores avec Marc Desse, Alex Rossi et Alice Lewis ; Le mardi 30 septembre à Akiza Galerie avec Nicolas Ker et peut-être Jean Felzine).

 

 

 

Crédits photo : Syndicat du Hype.