Maison indépendante

LES FÊTARDS UN PEU CONS.

 

 | Richard La Faisanderie |

 

 

La nuit

Ils éclairent leur lampe de poche

Et dirigent le faisceau sur leurs mains

Qui se couvrent alors de phalènes

De follicules crevés

De passions refroidies.

Les fêtards un peu cons

Promènent leur indolence

De gros scarabées luisants

Entre les corps complexés de ceux

Qui descendent des bières dans la pénombre

Sans oser adresser la parole

A quelque gonzesse que ce soit.

La suffisance des fêtardes un peu connes

Avec leurs codes couleurs

Et leurs talons de la taille

D’un canon de revolver

A fait d’eux des parias débaptisés

Des bipèdes satanisés

Cherchant le réconfort de curies orientales

Où l’odeur des huiles essentielles

Se mêle à celle du Popers.

C’est ici qu’ils sont couilles-vidés

Les yeux tournés contre un mur

En pensant « Ablation »

« Trou dans la poitrine »

« Déréliction ».

Affidé à des chapelles

Dirigistes et normatives

Le fêtard un peu con

A les poches pleines de vent

Et s’accroche à ses semblables

Comme la chaire translucide

S’accroche à l’os de seiche

Pour assurer sa flottaison

En milieu hostile.

Une peur immense s’est abattue sur l’occident

Qui croule sous les shipping containers.

Partout dans le monde

Des ventres pleins de poussière

Retrouvent de l’appétit

Et commencent à grignoter la jouissance

De nos vieux pays exténués.

Le vent glacial de la misère souffle sur mon continent

Qui balaiera bientôt

Le principe de sureté

Les énergies renouvelables

Et la nourriture bio

Et la mutualisation

Les actions de groupe

Et les psychologues

Pour animaux de compagnie.

Effet nocebo ou

Evolution prévisible et modélisable ?

Les cahiers d’ordre des traders

Jettent les bases de méthodes de valorisations efficientes

Mais inacceptable moralement

Pour ceux qui ignorent ce langage de vérité objective

Ou qui préfèrent simuler l’ignorance

Pour mieux exploiter la frustration

Des éternels baisés du système

Qui sont toujours les mêmes

Quel que soit le système.

Après avoir tremblés leur vie entière

Sans peser sur l’écriture du scénario de leur tragédie

Ils mourront, le visage mangé par des tortues

Qui cèderont ensuite la place

A de gros asticots blancs

Qui nettoieront leurs os

Et nourriront plus tard

Les bataillons de mouches excrémentielles

Qui coloniseront nos maisons

Et conduiront nos voitures.

Ne nous parlez plus de cette vie

Nous avions rêvé autre chose.

Nous avions tellement rêvé.

 

 

 

 

 

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