Maison indépendante

C’ÉTAIT LE FROID…

 

 

Nanou Hardenberg |

 

 

C’était le froid en toi.

Le froid t’avait saisie, enserrée, engloutie dans un vide profond, épais comme la terre.

Puis, tout fut oublié, le vide, le noir, le froid. Il y avait, maintenant, et la chaleur et la lumière, les couleurs et les sons, les mots et les caresses.

La douceur est fragile. Tout s’est cassé, désagrégé. Les griffes du froid, alors, ont fouillé les blessures. L’eau s’est glacée en toi.

Une lueur, là-bas, ne s’est pas étouffée ; mais tu ne l’as pas vue. Elle brûle, cependant, si ténue et si forte. Il faut te retourner, la saisir, te laisser pénétrer jusqu’au noir de la glace. Ne plus la perdre, enfin.