Maison indépendante

LA TETE DE L’ANGE.

Crédits image : Hugo Simberg, The Wounded Angel, (Ataneum, Helsinki).

 

| Nanou Hardenberg |

 

 

Cela avait commencé par la joue. Un petit trou, rond et net, avait surgi sur la pommette gauche, vers le haut, à mi-chemin entre l’oreille et le coin de l’oeil.

Le deuxième trou était apparu peu après, dans la chevelure. Puis, toute la tête de l’angelot parut criblée de ces trous, ronds et nets. Une fine poussière blonde les bordait parfois.

La joue, ronde et pleine, n’était plus maintenant qu’une dentelle de galeries prête à se défaire tout-à-fait.

Le visage conservait encore sa forme, blessé seulement de cette joue dévorée.

La chevelure bouclée était creusée de sillons profonds, tracés comme avec une lame ébréchée.

Le menton, puis le nez furent atteints. Le sourire de l’ange avait disparu dans un rictus déchiré.

L’oeil droit fut écorché, enfin.

La tête de l’ange n’était plus que moignon de bois blond