Maison indépendante

LA MORT AU PARC.

Crédit photo : Fflav.

 

 

Richard La Faisanderie |

 

 

(Parole aux 30 %)

 

 

Ton regard bleu à tout brûlé
Je n’écris plus que dans les cendres
Il m’a fallu te désapprendre
Pour commencer à t’ignorer.

Je sais que tu existes, ici,
Que tu respires quelque part,
Inaccessible à mon regard,
Bien loin de mes bras amincis.

Sur la pelouse ensoleillée,
Stipendiée par tes talons bleus,
Tu me brûlais comme un grand feu
Au milieu des cris des bébés

Que les nourrices promenaient
Sous le regard des animaux
Encagés derrière des barreaux
Tandis que moi je t’écoutais

Me raconter ton existence
En t’allumant des cigarettes
(Tu me jetais des cacahuètes).
L’amour aspire les consciences

Et fait de nous des ectoplasmes
Qui se nourrissent de beauté
Sans atteindre la satiété.
Toujours roulés dans nos fantasmes,

Comme des cochons dans leur fange,
J’aimais la voûte de tes pieds
Qui annonçait ta nudité.
Tu m’as trouvé un peu étrange.

Puis ton BlackBerry a sonné,
Tu l’as porté à ton oreille,
Tout me poussait vers la bouteille,
Je suis parti pour m’assommer.

Me
Saouler à vomir du sang
A manger des nénuphars
A bruler des territoires
A mourir élégamment
A oublier qui je suis
A me fondre dans l’espace
A manger mon pancréas
A me jeter dans un puits.

Je me suis opéré de Marie,
Seul, sans instruments et sans anesthésie.

Ce n’est plus qu’une cicatrice
Au milieu d’autres cicatrices

Un songe de blonde virale
En grande partie fantasmée
Dont je me suis dépossédé
Comme on étouffe un animal.