Maison indépendante

TOUS CEUX QUI VONT VENIR…

 

 

| Nanou Hardenberg |

 

 

Tous ceux qui vont venir, avant la fin du jour, je les reconnaîtrai.

Je les ai rencontrés, déjà. La mémoire est cruelle, les traits de leur visage

ne s’estomperont pas.

 

Je m’étais écartée, tranquillement, du chemin. Je musardais ainsi, la tête

dans les étoiles. Ils avançaient, tout droit.

 

Ils ne m’ont pas jeté la pierre, ils ne m’ont pas tendu la main. Ils ne voulaient pas me voir, ne

voulaient pas m’entendre ; mais j’étais là, dans le silence, à leur côté.

 

J’ai trébuché un jour ; je me suis relevée, doucement.

Puis, je me suis perdue.

 

Ce soir, avant la fin du jour, je les reconnaîtrai.