Maison indépendante

NIKKI.

 

 

Marie Evkine | 

 

 

Il est tard, au moins midi. Le soleil s’est déjà levé sur la ville, la chaleur a envahi la chambre. Au loin, on entend les bruits incessants du métro et des voitures. Nikki s’étire longuement sur le matelas humide de sueur. Elle se lève, elle n’a pas faim. Un thé, une cigarette et un peu de musique.

Après la douche, elle enfile un jean près du corps, un joli débardeur blanc très moulant et une chemise. « Pas mal », sourit-elle au miroir.

Elle doit se rendre au grand supermarché faire des courses pour ce soir.

Nikki franchit l’entrée de la structure moderne et anonyme où les touristes sont nombreux, émerveillés de tant de gadgets, d’objets étranges ou de tissus.

De quoi manger, de quoi boire après le travail. Et quelques accessoires, quelques objets qu’on lui a demandé de ramener. Après ces achats, elle s’arrête à un coin de rue pour avaler un léger repas. La chaleur est devenue accablante, moite, puissante.

Elle rentre, se débarrasse des courses, s’étend devant la télévision. Encore quelques heures à ne rien faire, à laisser son esprit vagabonder. Elle songe aux rencontres d’hier, ce gentil couple timide et curieux. Et ces deux filles souriantes qu’elle espère bien revoir.

Son réveil sonne. Elle s’était endormie sur ces jolies images.

Nikki enfile un autre blouson, de cuir cette fois. Baskets, débardeur moulant,  ceinture à grosse boucle de métal.

Elle prend le métro. Sa boîte n’est pas loin, elle y dépose les accessoires, sort ses prospectus, embrasse sa copine qui se prépare et retourne se placer à l’angle de la rue.

On est à la fin du mois d’août, Bangkok attire les touristes. Nikki sourit. Ce soir, ils seront nombreux à venir voir les Pussy show de Patpong.