Maison indépendante

ROMAIN PUÉRTOLAS : « PARTIR Á L’AVENTURE DANS L’ÉCRITURE, C’EST CE QUE J’AIME ».

 

 

Entretien avec Roman Puértolas

réalisé par Tara Lennart

 

 

L’emprise du fakir de Romain Puértolas gagne chaque jour plus de terrain. Avec L’extraordinaire voyage d’un fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa, télés, journaux, radios, librairies  découvrent les bienfaits conjugués d’une armoire suédoise et d’un lit à clous. Cette semaine, c’est au tour de Denise Labouche de se faire fakiriser, et sans trucages.

 

 

Quelle est la pire situation : passer son samedi à faire des courses chez Ikéa ou se retrouver enfermé dans une armoire ?

Je ne souhaite à personne de passer un samedi chez Ikea. Je n’ai rien contre Ikea, c’est plutôt aux heures de pointe et aux embouteillages en caisse que je suis allergique, bien que ce soit le genre de lieu où j’écris. Mon cabinet d’écriture, ce sont les queues de boulangerie, les métros à l’heure de pointe… Tous ces endroits où je reste enfermé et où je croise les êtres humains.

Comment vous est venue l’idée de ce roman ?

C’est Gérard, mon poisson rouge, qui me l’a soufflée… Plus sérieusement, elle m’est venue comme ça, dans le métro. Mon père dit que les cheveux sont des capteurs d’idées, des petites antennes. Je ne pense pas qu’il ait raison, car plus je perds mes cheveux et plus j’ai d’idées ! (rire) Pour le Fakir, je vivais l’aventure en même temps qu’Ajatashatru. Je n’ai pas de plan d’histoire, de canevas, je ne sais jamais où je vais. Partir à l’aventure dans l’écriture, c’est ce que j’aime. Si je savais la fin de mon livre à peine après avoir commencé à l’écrire, je ne l’écrirais pas, c’est sûr. J’ai besoin que mon cerveau me surprenne, comme si j’étais le lecteur de mon propre livre. Si c’est pas de la schizophrénie, ça !

Quels sont vos auteurs favoris ? Vos sources d’inspiration ?

Je n’ai pas d’auteurs favoris, seulement des livres préférés, car ce sont les histoires qui s’impriment dans mon cœur, pas ceux qui les écrivent. Je suis aussi infidèle en musique. Ce sont les notes de musique qui me touchent, pas les groupes. Mes sources d’inspiration ? Mon quotidien passé à la moulinette de mon imagination.

Á en croire la présentation de votre éditeur, vous avez quelques romans sous la main, de quoi parlent-ils ?

Ma clé USB est pleine d’histoires. Mais je n’ai pas assez d’une vie pour tout publier. Imaginez, j’écris un roman tous les deux ou trois mois. Ca s’amoncelle ! Mon éditeur a le luxe de pouvoir choisir pour les romans à venir.

Avez-vous déjà pensé à l’histoire du prochain ?

J’ai une idée d’histoire toutes les trois minutes… C’est une maladie. Le prochain livre est déjà prêt. Après avoir lu le manuscrit, écrit en deux semaines, mon éditeur m’a dit « Absolument parfait ! ». J’étais flatté, car il est très exigeant. C’est un livre plus drôle que le Fakir (j’ai rigolé en l’écrivant, alors que pour le Fakir je n’avais pas rigolé une seule fois) et, à la fois, plus triste, plus poétique. Vous n’en saurez pas plus.

 

 

 Crédit photo : Romain Puértolas (http://on.fb.me/19i9trr