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MARK SAFRANKO, « NOUS AVONS TOUS UN CÔTÉ OBSCUR ».

 

 

 Interview réalisée par Tara Lennart

 

 

Il y a quelques semaines, on vous parlait du nouveau livre de Mark Safranko « Travaux Forcés » paru chez 13e Note. Et cette semaine, on vous reparle de Mark, mais avec un livre non publié en France (mais que font les éditeurs ?) : NO STRINGS, lui aussi chroniqué, bien sûr. Rencontre avec un écrivain en dehors des sentiers battus.

 

 

Votre style, dans NO STRINGS, est très différent de ce à quoi vous nous avez habitués avec la saga Max Zajack (parue chez 13e Note Editions).

Ce ne sont pas mes seuls styles. Dans mon cas précis, c’est l’histoire et le matériaux dont je dispose qui déterminent le style. Et comme à peu près tout m’intéresse dans la vie, j’ai recours à différents styles. Bien sûr, un écrivain ne s’éloigne jamais trop de ce qu’il est, alors c’est possible de le retrouver sous le vernis d’une voix ou d’un style.

Lequel préférez-vous ?

Je n’en préfère aucun en particulier, d’ailleurs. J’éprouve le besoin psychique de contrer la confession autobiographique avec une voix moins directe. Je m’ennuie si je m’enferme dans un style particulier ! Alors c’est probablement un besoin d’équilibre qui m’amène à utiliser différents styles.

Comment êtes-vous arrivé à ce personnage, Richard Martzen, le héros de NO STRINGS ?

Je passe beaucoup de temps à réfléchir à mes personnages, il y en a des centaines dans ma tête! Un jour, je suis celui-ci, un autre, l’autre et le lendemain encore un autre. Je pense qu’un écrivain digne de ce nom doit être capable de se glisser dans la peau de plusieurs personnages différents. Et il y a quelque chose d’universel en eux, quelque chose qui les rend humains.

Qu’est-ce qui vous a inspiré la création de ce type coincé dans un cauchemar ?

Les personnes confrontées à des situations désespérées m’ont toujours intriguées – peut-être parce que ça a souvent été mon cas. Etre dans une relation de proximité comme un mariage qui sent le rance, ça peut t’amener à te sentir désespéré. Quand un homme ou une femme se retrouve coincé comme un rat, ça génère souvent un comportement fascinant. Il y a un peu de Richard Martzen en moi et inversement. ça n’a donc pas été difficile de trouver de l’inspiration pour l’histoire!

Pensez-vous que tout a un prix ? Qu’une « simple » histoire d’adultère peut avoir un coût karmique insoupçonné ?

Oh oui! Je pense que tout dans la vie a un prix, ça me semble évident. Et je doute que l’adultère puisse être simple… Je pense qu’on essaye de la cataloguer comme telle, mais en réalité c’est une des choses les plus compliquées de la vie! Rien que le fait de devoir vivre un mensonge la rend compliquée. Quand on n’est pas soi-même, la vie devient complexe.

Vous croyez que chaque être humain abrite un potentiel de psychopathe qui pourrait se révéler s’il se retrouve dans de sales draps ?

Absolument! Nous avons tous un côté obscur. Jung, par exemple, a passé sa vie à l’étudier et à essayer d’éclairer les ombres de la psyché humaine. Avec le bon terreau, nous sommes tous capables de devenir des criminels. Le personnage de Noah Cross le pointe dans le film Chinatown. Grand stress, mauvaise donne génétique et quelques prédispositions : voilà une bonne combinaison pour ouvrir la cage de la bête.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? Quel genre d’histoire écrivez-vous ?

Eh bien j’ai une nouvelle aventure de Max Zaiack et une autre en cours. Plus récemment, j’ai écrit un mystère psychologique autour de 9/11, un roman qui parle d’un peintre en bâtiment qui commet un crime et traverse le pays pour échapper à sa punition. Un autre sur un écrivain fantôme, et un roman, sur la vie d’une prodige du violon. J’espère que certains seront publiés… (ndlr : nous aussi)

 

 

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