Maison indépendante

UNE SEMAINE DENYSIAQUE.

 

 

 | Sébastien Thibault |

 

 

Il y a des semaines comme ça. Des semaines où l’on veut croire au changement. Au péril obligé. Á ce pari Pascalien qui nous suit, nous poursuit, depuis vingt-quatre semaines maintenant.

Vingt-quatre semaines… Mais quel exploit ! Á peine de quoi s’enorgueillir auprès de notre lectorat, à peine de quoi se droguer quotidiennement ou ramener une biélorusse à la maison. Et pourtant nous voilà, avide de mots, heureux comme des imbéciles, fiers comme des cancres, solides comme des prolétaires. On ne va pas jouer les narcisses hollywoodiens qui, entre deux remerciements nécrologiques, s’empressent de louer la combativité de leur parcours, mais tout de même, s’il est une chose que nous avons réussie, c’est bien d’avoir rassemblé en la personne de Denise Labouche la bravoure herculéenne et l’insouciance dionysiaque. Oui mes chers.

Mais que vaudrait notre fameuse modestie sans un brin d’honnêteté ? Car après de longues discussions assommées au whisky, nous avons finalement décrété le triomphe de la transparence. Á la private joke du « Denise qui ? » succède désormais une chronique digne de notre histoire, laquelle vous persuadera, on l’espère, qu’il suffit d’une rencontre dans un salon de coiffure pour dessiner les contours d’une vie renouvelée. Or se mettre à nu ne demande pas seulement du cran, mais une vision. C’est pourquoi le « Manifeste »  entre à son tour dans la cavalcade autour de trois axes que nous souhaitons fédérateurs : le refus du diktat de l’actualité, le rejet du « tout numérique » et la croyance en un webzine hybride et curieux. Par cette double re-publication, la rédaction entend affirmer plus clairement son identité, en assumant un positionnement à la marge du suivisme journalistique et de la déchèterie ambiante. Preuve s’il en fallait que notre vielle punk préférée a pour ambition de devenir une LA figure incontournable d’une web-culture réinventée, par-delà le mainstream et la contre-culture hypertrophiée.

C’est pour cela que nous revendiquons une subjectivité honnête mais aguerrie, fondée sur la pertinence et la créativité. Et cette semaine, deux papiers viennent une nouvelle fois tout risquer. Le premier doit son existence à l’imagination partiellement débauchée de notre chère Tara, qui, au cours de ses déambulations schizophréniques, s’empresse de ramasser le premier mot abandonné. Si vous trouvez le même génie ailleurs, promis, on vous rembourse. Le deuxième, peut-être moins volcanique mais tout en volupté, appréhende le comédien Luchini – sa grandeur, sa précision, son cœur – dans les tourments d’une pièce de Vaudeville, Une heure de tranquillité, écrite par le mirifique Florian Zeller. Il n’y avait que Valentine, en réalité, pour réussir pareil défi.

Á croire que le changement, parfois, sait encore surprendre…

 

 

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