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THE NEW YORKER’S BRUCE SPRINGSTEEN, UNE TRADUCTION FRANÇAISE [PARTIE IV].

 

 

 | François Michel |

 

 

Un article original de David Remnick publié le 30 juillet 2012 dans The New Yorker.

 

Wrecking Ball est un disque politique, comme What’s Going On ?Rage Against the Machine ou It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back. Après ses querelles politiques des années 80, Springsteen devint encore plus engagé. Il chanta sur le SIDA (Streets of Philadelphia), la dépression (The Ghost of Tom Joad), l’abandon (Spare Parts), et l’Irak (Last to Die). Sur scène, il fit des discours contre « les extraditions, les écoutes téléphoniques illégales, les restrictions du droit de vote, l’absence d’Habeas Corpus. » Pour la peine, il fut critiqué par Bill O’Reilly, Glenn Beck[1], et même par un chroniqueur au Times, John Tierney, qui écrivit que « le chanteur qui enregistra Greetings from Asbury Park semble avoir traversé idéologiquement l’Hudson river : Greetings from Central Park West[2]. » En 2004, il fit campagne pour John Kerry, et en 2008 il fut encore plus enthousiaste pour soutenir Barack Obama, postant sur son site web une déclaration où il affirmait « Obama parle à l’Amérique que j’ai imaginé dans ma musique depuis 35 ans, une nation généreuse avec une volonté citoyenne de s’attaquer à des problèmes complexes et nuancés, un pays intéressé par son destin collectif et par le pouvoir né de son unité. » A un concert au mémorial Lincoln, avant son inauguration par Obama, Springsteen chanta The Rising avec un chœur gospel, puis le This Land is Your Land de Woody Guthrie en compagnie de Pete Seeger, en y incluant, sur l’invitation de Seeger, les deux derniers couplets « radicaux » : « Il y avait un grand mur là-bas, qui essaya de m’arrêter / Un grand panneau là-bas, qui disait propriété privée ; Mais de l’autre côté, aucun panneau ne disait ça / Ce côté était fait pour toi et moi. »

Les chansons de Wrecking Ball furent écrites avant la naissance du mouvement Occupy Wall Street, mais elles font écho à cette rage contre l’absence de comptes rendus. We are Alive dessine un lien entre les fantômes des grévistes opprimés, les marcheurs pour les droits civiques et les travailleurs, pendant que le refrain est une sorte de communion entre les morts et un appel aux vivants : « Nous sommes vivants, et même si nos corps gisent là dans le noir, nos esprits s’élèvent, pour transmettre le feu et gratter l’allumette. » La vision politique – dans Wrecking Ballcomme dans les disques précédents – n’est pas vraiment radicale. Elle se mêle à une idée libérale selon laquelle le patriotisme de l’Amérique a moins à se soucier du règne des marchés que d’un sens rooseveltien de la justice et d’un sentiment d’appartenance commune.

Un soir, j’ai demandé à Springsteen l’effet qu’il voulait créer avec ses chansons politiques sur les gens qui viennent à ses concerts pour s’amuser. Il secoua la tête et dit « Ca ne touche qu’à la marge des convictions politiques, même si j’essaye de faire plus. Il faut s’en contenter. Il faut admettre que c’est un chemin semé d’embûches, et qu’il ya eu des gens qui ont fait un peu la même chose que ce que nous faisons sur cette tournée,  et d’autres le feront après nous. Je pense que ce disque essaye de faire une chose, c’est de rappeler aux gens qu’il y a une continuité passée de génération en génération, une série d’idées exprimées de mille façons différentes : livres, manifestations, essais, chansons, discussions autour de la table de la cuisine. Ces idées sont toujours là. Et nous ne sommes que des gouttes d’eau. »

Springsteen admire Obama pour la réforme de l’assurance maladie, pour son aide à l’industrie automobile, pour le retrait d’Irak, pour l’assassinat d’Oussama Ben Laden ; mais a été déçu par l’échec de la fermeture de Guantanamo et de la promotion d’une économie plus juste, ainsi que par une bienveillance malvenue à l’égard des multinationales – le réflexe démocratique classique de la louange et du blâme.  Il est méfiant au moment de s’engager dans une nouvelle campagne. « Je l’ai fait deux fois parce que la situation était terrible », dit-il. « J’ai eu l’impression que je devais dépenser le petit capital politique que j’avais, que c’était le bon moment pour le faire. Mais ce capital diminue à mesure qu’on l’utilise. Même si je n’aime pas dire jamais, et que j’apprécie toujours de soutenir le président, je n’ai jamais fait ça pendant trop longtemps, tu vois, et je ne prévois pas d’y aller à chaque fois. »

Springsteen a parfois eu tendance à se prendre trop au sérieux, et le microcosme autour de lui le prend tellement au sérieux que de l’extérieur, tout cela peut ressembler à une secte. Mais Springsteen est aussi capable de se tourner en dérision. Il y a deux ans, dans l’émission de Jimmy Fallon, il accepta de se déguiser en lui-même, période Born to Run – barbe, lunettes d’aviateur, casquette négligée, veste de cuir – et de chanter avec Fallon, qui s’était déguisé comme Neil Young, une reprise second degré de la chansonnette Whip my Hair, de Willow Smith. Avouez qu’il est quand même dur d’imaginer Bob Dylan se déguisant en Bob Dylan version The Times They Are A-Changin, et parodiant ce qu’il était plus jeune. Dans une émission plus récente, Fallon, toujours déguisé en Neil Young, invita à nouveau Springsteen, cette fois dans sa tenue de gars musclé moyen du New Jersey des années 80, avec une veste en jean sans manches, pour chanter un duo de la chanson pop-dance de LMFAO, Sexy and I Know It : « Je suis en maillot de bain, j’essaye de bronzer… Je suis sexy et je le sais ! »

Comme écrivain et homme de scène, Springsteen maîtrise une grande variété de thèmes et d’humeurs : le comique et le grandiose, le politique ou le basique. Pendant la tournée, il change les set-lists pour que chaque concert soit en adéquation avec l’occasion. A l’Appolo, il déclara que la musique soul avait fait l’éducation du Band : « Nous avons planché sur nos sujets. La géographie ? Nous avons appris où était situé « Funky Broadway ». L’histoire ? « A Change is Gonna Come ». Les maths ? « 99 and a Half Won’t Fuckin Do ». » A Austin, Springsteen célébra l’anniversaire de la naissance de Woody Guthrie en débutant le concert avec la complainte du travailleur itinérant I Ain’t Got No Home, et en l’achevant avec This Land is Your Land. A Tampa, il joua American Skin (41 Shots), écrite suite au meurtre par la police d’Amadou Diallo, mais qui rendait alors hommage à Trayvon Martin, l’adolescent noir désarmé tué à Standford, en Floride. Lors de sa première nuit à Philadelphie, Springsteen rendit hommage à ses racines de la côte Est en jouant deux raretés écrites dans ses jeunes années, alors qu’il n’était que musicien de studio, Seaside Bar Song et Does This Bus Stop at 82nd Street ? Dans le public, il repéra la mère de 97 ans de Max Weinberg, et l’embrassa. La nuit suivante, il fit monter sur scène sa mère Adele, 87 ans, pour danser avec elle sur Dancing in the Dark. Dans le New Jersey, il rendit hommage à Clarence Clemons. Pendant la dernière chanson, Tenth Avenue Freeze Out, il fit arrêter la musique après la phrase « The Big Man joined the band[3]», et une vidéo de Clemons passa sur l’écran au dessus de la scène. « Mec, je pouvais à peine supporter ça », me raconta plus tard le percussionniste Everett Bradley. « Je chialais tellement ! » A chaque concert, la différence musicale la plus notable entre l’ancien E Street Band et le nouveau était l’importance toujours plus grande de Jake Clemons. Son jeu s’affirma, sa propension à être au centre de la scène aussi. Après quelques sorties, il se mit à faire du moon-walk sur scène. Et toujours, à chaque hommage rendu à Clarence Clemons, Jake semblait submergé, frappant sa poitrine pour signifier le respect pour son oncle et la gratitude face à la réponse du public. « Tout le monde cherche à faire partie de quelque chose de plus gros que soi », dit Jake. « Un concert de Springsteen, c’est beaucoup de choses, c’est en partie une expérience religieuse. Il descend peut-être de David, un berger qui jouait une belle musique qui rendait les fous moins fous, et qui calma le roi Saul. La religion est un système de règles, d’ordres et d’attentes, et elle unit les gens dans un but commun. Bruce a vraiment quelque chose de surnaturel. C’est Moïse ! Il mène le peuple hors du pays du disco ! »

Un soir, alors que Springsteen attendait pour jouer, je lui ai demandé en quoi sa personnalité profonde l’avait conduit à être l’artiste et homme de scène qu’il est aujourd’hui. « C’est sûrement parce que j’ai bossé plus dur que tous ceux que je connais », me dit-il. Mais il y avait aussi, selon lui, un aspect purement psychologique : « J’ai cherché quelque chose que j’avais besoin de faire. C’est un boulot plein d’ego, de vanité et de narcissisme, et on a besoin de toutes ces choses pour faire ça bien. Mais il ne faut pas non plus laisser ces choses là te bouffer complètement. Tu as besoin de tout ça, mais il te faut trouver l’équilibre. Et mon équilibre, si tu le demandes à mes amis ou à ma famille, peut-être que ce n’est pas le même équilibre que le leur ! Ca tient tant que ça regarde des gens qui font la même chose que moi. Mais tu as besoin de ça, parce que ce sont tes besoins qui te font avancer, la faim brute, le besoin brut de faire triper les gens, de te faire triper toi-même en atteignant un état second. Les gens ont cherché ça pendant toute l’histoire de la civilisation. C’est un boulot étrange, un boulot dangereux même pour beaucoup de gens. Mais ce sont ces choses là qui sont à la racine de tout. »

En mai, la tournée passa par une période de trois mois de concert dans des stades en Europe. A Barcelone, Springsteen séjourna dans une suite avec bureau privé et jacuzzi au Florida, un superbe hôtel sur les collines surplombant la ville ; le groupe et l’équipe étaient à l’hotel Arts, un cinq étoiles sur la plage. Une caravane de vans Mercedes noirs embarqua les musiciens dans l’après-midi (quelques membres du Band ont leurs propres assistants) jusqu’au stade Olympique, pour les balances. Oubliez les idées reçues sur la légende du rock, oubliez les batteurs défoncés se droguant dans les vestiaires du stade, oubliez les roadies balançant des télés ou des bouteilles vides de Jack Daniels dans la piscine depuis les terrasses de l’hôtel. La tournée Springsteen est à peu près aussi décadente que celle du Ice Capades[4]. Les membres du Band parlent de leurs gosses qui leur manquent, du décalage horaire, de la réception du Wi-Fi dans l’hôtel. « Pour réussir, de nos jours, vaut mieux être un athlète qu’un junkie », me dit Van Zandt. « Tu passes par la défonce et l’alcool, et si tu en sors tu te rends compte que la récompense c’est la longévité. La longévité, c’est mieux que toutes les drogues. Et puis, y a le business. Pour ça, tu dois avoir les idées claires. » La crème des tournées pop, comme la Silicon Valley, est dominée par un petit nombre d’entreprises : Lady Gaga, Madonna, U2, Jon Bon Jovi, Jay-Z, et quelques autres. Si on quitte ce petit monde, la chute est abrupte. Springsteen n’est plus dans sa phase « Beatlemania », comme dans les années 80, marquées par des mini-révoltes autour de ses hôtels, mais il est toujours capable de remplir des stades sur toute la côte Est, et dans les autres villes des Etats-Unis. Il est encore plus populaire en Europe. Les sauts répétés de ses fans à Ullevi, le stade de foot de Göteborg, en 1985, abimèrent les fondations. Cet épisode est connu comme « le jour où Bruce cassa un stade ». En Europe, cet état d’esprit existe toujours.

La tournée Wrecking Ball devrait durer un an. James Brown donnait beaucoup plus de concerts en une année, mais il ne joua jamais aussi longtemps et ne fournissait pas autant d’efforts. Certains soirs, Springsteen reste un peu plus longtemps que d’habitude dans sa loge, rassemblant ses forces pour les courses, sauts et cris à venir, mais il ne se défile jamais. « Une fois que les gens ont acheté leur billet, je n’ai pas cette option », me dit-il. Nous étions seuls dans une vaste loge, à Barcelone. « Rappelle toi, on gère aussi un business ici, il y a donc un échange commercial ici, et le billet c’est comme une poignée de main. Le billet, c’est comme une promesse que je fais, disant que ça va le faire. C’est mon contrat. Et depuis que je suis jeune, je prends ça très au sérieux. » Même si certains soirs il se sent à bout, la magie opère toujours sur scène : « D’un coup, la fatigue disparaît. Une transformation a lieu. C’est ça qu’on vent. On vent cette possibilité. C’est un peu une blague : j’arrive sur scène, et pouf, « Etes-vous prêts pour la transformation » ? Quoi ? Transformé à un concert de rock, par un mec avec une guitare ? D’un côté c’est une blague, mais d’un autre côté on se dit, allez on y va, voyons si ça marche. »

Une faveur que Springsteen a accordé à son corps, c’est de lui donner plus de jours de repos, plus de temps pour la famille, pour le sport, pour écouter de la musique, regarder des films, lire. Ces derniers temps, il s’est passionné pour les romans russes. « C’est une compensation de ce que j’ai loupé il y a quelque temps. Ce n’est qu’à soixante ans et quelque que je me suis dit qu’il y en avait beaucoup de ces mecs russes, et que je me suis demandé pourquoi on en parlait autant ! J’étais juste curieux. C’était un bouquin incroyable, Les frères Karamazov. Et puis j’ai lu Le joueur.La description sociale dans la première partie m’a moins intéressée, mais la seconde partie, sur l’obsession, était marrante. Ca me parlait. J’étais un gros fan de John Cheever, alors j’ai aussi lu Tchekhov, et j’ai vu d’où venait Cheever. Et puis j’adore Philip Roth, du coup j’ai lu Augie March, de Saul Bellow. Ca me fait faire plein de toutes nouvelles connections. C’est un peu comme si je découvrais maintenant que les Stones ont repris du Chuck Berry ! »

Springsteen était assis à côté d’une table basse couverte de médiators, capos, harmonicas, et de feuilles de papier avec des set-lists écrites au marqueur noir. Après les balances, il essaya d’imaginer le concert à venir. Le reste du groupe et l’équipe étaient dans le hall, pour le dîner. Ce soir là, il y avait au menu du jarret de veau, du mérou, et plusieurs plats végétariens – une douzaine de salades différentes –, et des pâtisseries en dessert (« Tu as essayé cette espèce de banane à l’espagnole ? Super ! ») Les musiciens attendent que Springsteen distribue la set-list du soir. Les anciens sont calmes, mais les membres plus récents attendent avec une certaine anxiété. « Je flippe toujours, je fais des cauchemars où on m’annonce une chanson que je n’ai jamais entendue quinze minutes avant qu’on monte sur scène », explique Jake Clemons.

Des milliers de fans, dont beaucoup étaient là depuis le matin, furent autorisés à entrer dans le stade à dix-huit heures, pour un concert qui ne commencerait pas avant vingt-deux heures. Je remarquai un groupe de jeunes Espagnols qui portaient une pancarte en anglais, qui disait « Bruce, merci de rendre nos vies meilleures ». J’essayai d’imaginer une pancarte comme celle-ci pour… Pour qui ? Lou Reed ? AC/DC ? Bon Jovi ? (« Richie Sambora, merci de rendre nos vies meilleures » ? Difficile à imaginer.) Les interactions très sincères entre Springsteen et ses fans, qui peuvent paraître mièvres au non-initié, sont ce qui le distingue, lui et ses concerts. Quarante ans sur la route, et une heure avant de monter sur scène, il essayait encore de renouveler cet échange. « On est isolé, on a besoin de parler à quelqu’un, dit Springsteen. On est un peu désemparé, on cherche le contact, la preuve qu’on est en vie, qu’on existe. J’espère que les gens sortent de la salle de concert avec un sentiment un peu plus positif sur les options qui s’offrent à eux, sur le plan des émotions et des relations. On leur donne un peu plus de pouvoir, et eux t’en donnent aussi. C’est un combat contre la futilité et la solitude de l’existence ! Un peu comme si on était rassemblés autour du feu, à se battre contre ce sentiment de l’inéluctable. C’est ce qu’on cherche à faire les uns pour les autres. J’essaye, explique-t-il encore, de monter le genre de spectacle que le gamin au premier rang n’oubliera jamais. Nous, on s’efforce d’être avec vous, on vous fait entrer et après on essaye d’être avec vous pendant le spectacle, jusqu’au bout. On bosse là dessus longtemps, et cette tournée c’est l’aboutissement. C’est compliqué à décrire, puisque quelque part on s’approche aussi de la fin de l’histoire du groupe. Il y a des goses qui viennent au concert qui n’auront jamais vu le groupe avec Clarence Clemons ou Danny Federici, des gars qui en ont fait partie pendant trente ans. Notre boulot c’est d’honorer les gens qui ont joué à nos côtés en montant la meilleure tournée qu’on n’ait jamais faite. Pour cela, il faut prendre conscience des pertes, des défaites autant que des victoires. Il y a une finitude là dedans, même si la fin est peut-être encore loin. On finit la nuit avec une fête, mais pas une fête simple. C’est une fête sur la vie, c’est ce qu’on essaye de donner. »

Une semaine auparavant, une des tantes de Springsteen mourut. Et le jour qui précéda le premier concert à Barcelone, Mary Van Zandt, la mère de Steve, mourut elle aussi, à Red Bank. « Quand j’étais gamin, les morts arrivaient régulièrement, dit Springsteen. Puis il ya une période de la vie, où, sauf pour des accidents, la mort disparaît. Puis on atteint une période où elle redevient une compagne régulière. Nous y sommes entrés à présent. » Un petit moment après, après avoir changé son jean quotidien pour son jean de scène, Springsteen traversait le tunnel du stade en direction de la scène avec le Band. La dernière chose qu’il aperçut avant de se diriger vers le micro et les projecteurs fut une pancarte attachée sur la dernière marche, qui disait « Barcelone ». Quelques années avant, lors d’un concert à Auburn Hills, il harangua plusieurs fois la foule au cri de « Hello, Ohio ! » Van Zandt le prit finalement à part pour lui dire qu’ils étaient dans le Michigan. Springsteen regarda la pancarte et s’avança dans la lumière. « Hola Barcelona ! » cria-t-il devant une mer de quarante-cinq mille personnes. « Hola, Catalunya ! »

 

 

[3] Chroniqueurs conservateurs à Fox News.

[4] Asbury Park est situé dans le New Jersey, et Central Park à New York, de l’autre côté de l’Hudson River.

[5] « Et Big Man rejoignit le groupe. » « Big Man » était le surnom de Clemons.

[6] Spectacle itinérant de danse sur glace, crée aux Etats-Unis dans les années 40.

 

 

 

Retrouvez l’article original sur le site du New Yorker :http://www.newyorker.com/reporting/2012/07/30/120730fa_fact_remnick

 

 

 

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